Arc-en-ciel, Ubuntu et compagnie

Monday, December 11, 2006

Bon, ma biblio de master est une nouvelle victime de la canicule sud-africaine. Pourquoi aller dans une bibliothèque désertée entourée de bouquins poussiéreux quand des concerts en plein air n’attendent que votre oreille complaisante (Watershed dans les jardinis botaniques de Kirstenbosch)? Aujourd’hui, point de sortie, nez collé sur mon ordi…d’où continuation de mes trépidantes tribulations en ligne.

Donc, après la visite de soweto, concert de Freshlyground a Jo’Burg (ZE groupe de musik sudaf, avec Amadou et Mariam ds les hauts-parleurs pour nous faire patienter durant l’heure de retard des musiciens..), un grand moment…

Freshlyground en pleine action

Les groupies avec le t-shirt ad hoc

Puis retour dans le centre communautaire ds lequel nous étions hébergées…pour atterrir au milieu d’une ambiance surréaliste : une dizaine de personnes complétement pompettes en train de danser, et le directeur du centre qui
m’explique, à 2 cm de mon visage, que notre amitié ne doit pas s’éteindre, même si je le connais seulement depuis 5 mn, et que c’est merveilleux la nouvelle AS parce que un homme comme lui (Noir) pourrait épouser une fille comme moi (Blanche), puisque l’Immorality Act (loi qui interdisaient les relations/ mariages mixtes durant l’Apartheid) n’est plus… Dans ce joyeux groupe de fêtards, ya aussi un artiste belge en résidence quasi-permanente à soweto, qui nous lance des sourires assez flippants. Bref, nous allons droit vers notre chambrette, après moultes promesses d’amitié (et non sans avoir laissé un message visant à ‘améliorer la qualité de l’hébergement pour les prochains arrivants’, sur l’insistance de noter hôte, message se concluant par ‘ubuntu’ ce qui signifie ‘on ne peut être un être humain qu’à travers les autres’, concept sudaf qui a fini par devenir notre slogan de ralliement avec mes collocs)

- Deuxième épisode : le Swaziland. Partie épique s’il en est… le voyage s’effectuant en minibus ! Arrivée à la gare de Jo’Burg, légèrement nerveuses après avoir lu les descriptions de cet endroit dans nos guides touristiques : ‘se rendre au Swaziland : minibus. Pas du tout conseillé, bien que moins cher. D’abord, pas mal de vols aux rassemblements de minibus ‘. Une fois dans le combi, on prie très fort pour que nos passeports exigés par le conducteur nous soient rendus, gratuitement si possible. En attendant que le véhicule se remplisse (pas d’horaire fixe de départ donc), valse incessante de vendeurs d’objets hétéroclites : airtime ET yaourt, parapluies, serviettes, pain, batterie de téléphone, Rollex, sacs en osier, parfums…le principe de base devant être qu’un voyageur peut arriver nu comme un ver, ayant oublié ses bagages, il repartira vêtu de pied en cap, nourri et même avec des cadeaux pour la famille. Et puis…roulez manèges ! (mais la partie n’est pas encore gagnée, deuxième partie de la citation-Le Guide du Routard 2006 : ‘ensuite, trop d’accidents mortels (vitesse, véhicules en mauvais état)’).

Dans le minibus

N’empêche qu’on arrive vivantes, avec nos passeports, on traverse la frontière, et… welcome to real Africa ! Un ptit marché aux fruits de l’autre côté de la frontière, et pis combi jusqu’à Manzini. Deux pauvres pâlichonnes perdues au milieu des habitants qui nous fixent comme si on était des aliens (particulièrement les enfants). Personne ne sait ce que c’est qu’un ATM. Après avoir été dirigées vers une boutique de tél portables (opérateur local oblige : MTN) et un supermarché, on finit par trouver la machine à monnaie. Puis minibus vers notre destination du soir..le parc naturel de Mlilwane ! Un backpacker situé au beau milieu d’une réserve naturelle…nous apprécions pleinement la beauté du concept, et grignotons notre dîner de pap habituel.

Ma conscience m’appelle à présent. Je retourne au travail.

Wednesday, December 06, 2006




Blues du Cap

Home sweet home, me voilà de retour dans mes pénates sudafs. Aterrissage plutôt rude avec les départs express de bon nombre de mes collocs. Bilan : une maison vide, 5 devoirs pour Cachan, une biblio de Master à pondre magiquement, et une motivation inversement proportionnelle à la charge de travail requise. Heureusement que c'est l'été.
Positivons, voilà un résumé de mes tribulations passées:
- 1ère partie : Beth et moi à la découverte de Soweto : appréhension première, puis saturation d'impressions dans cette ville immense, sous la conduite d'un sowetan, dans une fête informelle avec gastronomie locale. Méthodo : former une boulette de pap (bouillie de maïs compacte), puis l'utiliser comme base de préhension pour la viande en sauce qui accompagne, ou les légumes. Faire descendre d'une bonne lampée de levure liquide (officiellement, bière locale à base de mais fermenté). Ensuite, écouter les femmes danser et chanter en cognant sur les portes. Faire un max de photos de tout le monde et promettre de les envoyer. Distribuer des bonbons à tout le monde. Y compris les adultes.
Lieux mémorables : le cimetière d'Avalon, avec tous les héros de la lutte anti-Apartheid; le mémorial Hector Pietersen (en souvenir de la révolte de Soweto contre l'enseignement obligatoire de l'Afrikaans); la maison de Nelson Mandela (avec ses chaussures de combat!) et de Tutu .
Grande découverte : un township n'est pas forcément synonyme de bidonville. La preuve, dans certaines parties de soweto les gens dépensent des sommes délirantes pour...leur porte. (fer forgé, anges gardiens et tout le tralala) Et ya la villa qui va avec, derrière.
Bon, je continue le récit demain, encore un colloc qui s'en va ce soir. Un pas de plus dans le travail de deuil..

Les chaussures de la lutte Chants et danses